Batman Ninja : la chauve-souris sauce nippone

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En voilà une production que j’attendais au tournant depuis un petit moment : Batman Ninja. Cela devait arriver tôt ou tard, le héros de DC Comics a droit à son épisode japonais. Il faut l’avouer, Batman et les ninjas font plutôt bon ménage, bien des productions ont établi les connexions et il semble naturel que ce film d’animation voie le jour. Les productions animées Batman sont globalement de qualité mais réservent souvent des surprises, bonnes ou mauvaises… Qu’en est-il de ce film qui s’annonce audacieux et haut en couleur ? Réponse dans ces quelques lignes.

En quelques lignes…

Batman Ninja

Batman Ninja, c’est à la fois du fan service, de l’expérimentation, une classe sans pareille et aussi une bonne dose de délire extrême comme seuls les Japonais savent le faire.

Dès le début, la claque est immédiate. Visuellement, jamais nous n’avions eu une vision aussi stylée de la chauve-souris. Ça en jette un maximum, c’est stylisé au possible. Personnellement, je trouve que cette version de l’armure est l’une des plus réussies. C’est très dynamique.

Il faut l’avouer, question scénario, c’est forcément un peu n’importe quoi. Le pitch de base laisse assez dubitatif. Jugez plutôt.

Batman Ninja

Après qu’une machine sismique de Gorilla Grodd a provoqué une faille spatio-temporelle, Batman, une poignée d’alliés et quelques super-vilains sont parachutés dans le Japon, pendant l’ère Sengoku. Mais voilà, Batman, ayant été happé par la faille quelques instants après les autres, arrive en fait à destination deux ans après les autres. Malheureusement, entre-temps, la bande de scélérats s’est dispersée, et chacun est finalement devenu Daimyo d’une région du Japon. C’est donc la guerre pour l’unification, et Batman est là une fois de plus pour sauver la mise et ramener ces psychopathes au bercail.

Batman Ninja

L’action est trépidante, permanente, et force est de constater que dans cet animé, il y a à boire et à manger. On a du très bon, de l’excellent même, mais aussi du WTF, du délirant, et même un peu de « pourquoi diable ont-ils fait une chose pareille dans un Batman?!? ».

De super bons cotés…

Batman NinjaUn graphisme audacieux. Batman Ninja est un film qui varie visuellement. Cela démarre sur quelque chose de très joli (surtout pour de la 3D)  mais finalement assez classique, pour partir dans des styles beaucoup plus caractéristiques du graphisme japonais. On remarque ainsi des passages incrustés de motifs, animés à la main, ou mis en scène sous forme d’estampes. C’est évidemment toujours réussi, il y a toujours quelque chose à contempler avec admiration.

Batman NinjaDe l’action non-stop. L’action est vraiment très soignée, les chorégraphies de combat sont impressionnantes, de même que leur mise en scène. Batman et le Joker sont redoutables. Mention spéciale pour le Joker qui est pour le coup parfaitement cinglé et dangereux, à faire froid dans le dos. Les styles de combat sont bien pensés, notamment Robin qui est vraiment pêchu et Catwoman qui combat d’une façon absolument fabuleuse. Ça ne s’arrête pas, il y a tellement de personnages que les combats diffèrent tous. Il n’y a pas de remplissage, tout est vraiment très soigné de bout en bout. Batman Ninja atteint des niveaux d’intensité proches de ceux des films, l’ambiance est épique et lors de certains passages, on atteint même le grandiose.

Batman NinjaUn fan service au rendez-vous. Sachez que dans Batman Ninja, vous aurez droit à 6 héros complètement customisés edo-style, 6 vilains sur leur 31, 4 bat-véhicules, 3 versions du Batman… Plus quelques surprises. Évidemment, avec autant de personnages, certains passeront inévitablement au second plan, mais malgré tout, tous prennent part au combat.

 

…Et d’autres un peu moins bons.

Les délires sortis d’un peu nulle part.

Si vous voulez garder la surprise intacte, ne lisez pas les lignes qui suivent. Dans le cas contraire, sachez qu’il y a un certain nombre de délires dans Batman qui ne sont pas forcément les bienvenus. La licence Batman est une des plus matures, ce n’est pas étonnant que ce soit le super-héros qui passe le mieux auprès des adultes. C’est un univers assez sérieux qui bâtit ses drames sur sa dimension réaliste. Et là, autant raser la tête de Robin peut s’avérer au final plutôt marrant, autant les passages Sentai à base de robots Power Rangers qui s’imbriquent pour faire de plus gros robots, ce n’est vraiment pas terrible… Et la solution que trouveront nos héros pour abattre cette menace n’est pas forcément mieux. Ça pourrait être sympa, mais ça dure, et on passe gentiment de l’amusement du style « trop fort, ces mecs ont vraiment fumé la moquette » à « mais pourquoi ça ne s’arrête pas ? Ça fait quand même bien 10 minutes que ça dure leur truc. »

Batman NinjaC’est compréhensible : pour une fois que les Japonais font un Batman, l’idée devait être sympathique de lui faire vivre un passage sentai, un truc typiquement japonais. Mais c’était un peu trop long, et dans le fond il aurait été beaucoup plus sympa d’aller jusqu’au bout de l’idée et faire que Batman appelle son Bat-Robot-géant également. Enfin bref. Sur ce point, je dis : « meh ».

D’autres petits délires seront au menu. Certains adoreront, d’autres pas du tout. Mais il faut avouer que le style général plutôt expérimental cet opus aide quand même à faire passer la pilule.

Une thématique finalement assez sous-exploité.

Batman NinjaEn début de film, l’histoire tente de prendre de la profondeur en abordant le thème suivant « Que reste-t-il du Batman si on lui enlève son bat-équipement ? ». L’enchaînement semblait logique : japon féodal, pas d’équipement, adversité, voie du ninja, donc forcément Batman Ninja. Eh bien non. Le scénario est finalement surtout prétexte à se battre. Loin du ninja classique Batman est quand même toujours du style à rentrer dans le tas à coup de botte en plein visage… C’est un peu dommage : je m’attendais à voir un Batman un peu plus en mode « manuel », plus furtif, qui domine un peu moins son domaine. Ce n’est pas le cas. On reste dans le film d’action pure.

En résumé.

Batman Ninja

Au final, il faut avouer que ce Batman Ninja, c’est la grande classe. Visuellement, c’est impeccable. Toutefois attention : le titre est trompeur. Ceux qui s’attendent à un film de ninja avec Batman seront très déçus. Le film aurait aussi bien pu s’appeler « Batman Sengoku Delirium ». Il y a effectivement des ninjas dans le film, ainsi que quelques éléments justifiant leur présence, mais c’est tout. Le film propose surtout des personnages très intenses, un relooking réussi, et une action réellement débridée qui rassasiera les amateurs de castagne et autres coups fourrés. Les fans de la chauve-souris quant à eux seront comblés par un Batman superbement mis en valeur dans des scènes d’une rare intensité. On aimera ou on détestera, mais d’une façon ou d’une autre, à la fin, on est impressionné, même si la thématique du Batman sans gadget aurait pu être mieux explorée.

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